Elle aperçut un ballon jaune au loins,
Un ballon volant au dessus des jonquilles,
Malgré la chaleur étouffante, la lumière aveuglante,
Il lui semblait que le ballon avançait...
Plus il approchait, plus l'horizon jaunissait,
La couleur même de sa peau parassait décliner,
Seule la rouge beauté de son amie demeurait.
Le ballon était maintenant face à Elle,
Flottant et vire volant au bout d'une ficelle.
En regardant à l'autre bout elle le vit alors
Qui lui tendait une fleur pailletait d'or.
Elle sourrit, génée de savoir ses joues pourprées,
Persuader d'être la plus jolie des poupées.
Mais alors qu'Elle s'habituait à ce jaune omniprésent,
Ce jaune si voyant que c'en était assourdissant,
Alors que ces yeux cessaient enfin d'en pleurer,
Elle comprit que le garçon doré
Cachait des centaines de fleurs étoilées
Qu'il offrait à d'autres en secret
Le Chaperon rouge et Elle dénouèrent la ficelle du garçon
Qui, n'hésitant pas entre Elle ou son merveilleux ballon,
Courru et courru, jusqu'à disparaître au loins
Ecrasant chaque jonquille sur son chemin.
Ne restait qu'Elle et son coquelicot dans la verte prairie,
Verte à l'infini, verte à l'infini...
Elles marchèrent un instant, main dans la main
Regardant le nuage jaune s'éloigner, loins, de plus en plus loins.
Tandis que le soleil blanchissait soudain
Colorant pour Elles une infinité de lendemains,
Elles s'allongèrent côte à côte dans la verte prairie,
Verte à l'infini, verte à l'infini...
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